C’est avec un immense plaisir que je vous propose cette 11e édition de notre webzine consacrée à un thème d’une importance capitale : Droit, éthique et déontologie. Il est important de réfléchir sur ces principes fondamentaux qui guident notre discipline. Dans un monde en constante évolution, où les enjeux juridiques et éthiques deviennent toujours plus complexes, il est primordial d’affirmer notre engagement envers une criminologie responsable et intègre.
Avant d’aborder ce thème plus en profondeur, je tiens à souligner que l’Ordre célèbre déjà ses 10 ans de création ! En une décennie, nous avons travaillé à favoriser la protection du public, à faire connaitre notre belle profession, à bonifier notre programme de formation et à développer une reconnaissance de plus en plus importante dans le système professionnel. Grâce à l’engagement de ses criminologues passionnés, l’Ordre a su faire sa place et regarde vers l’avant avec des perspectives d’avenir plus que stimulantes ! Dix ans, c’est le moment parfait pour souligner tout le chemin parcouru et se réjouir de ce qui s’en vient. L’avenir est prometteur, et la criminologie n’a jamais été aussi dynamique !
En lien avec le thème, la criminologie se situe au carrefour de plusieurs disciplines, intégrant des approches juridiques, sociologiques, psychologiques et politiques. Cette interdisciplinarité rend nécessaire une réflexion approfondie sur les règles qui encadrent notre pratique. Comment concilier le respect des droits fondamentaux avec l’impératif de justice ? Comment s’assurer que nos recherches et nos interventions respectent les principes d’équité, de confidentialité et de responsabilité sociale ? Ces questions ne sont pas que théoriques : elles se posent concrètement dans notre travail quotidien.
L’importance du droit en criminologie
Le droit est la pierre angulaire de la criminologie. En tant que science de l’analyse du crime et des réponses sociétales qui lui sont apportées, la criminologie ne peut se détacher des cadres juridiques qui structurent nos sociétés. Les lois pénales, les procédures judiciaires, les droits des justiciables et des personnes victimes sont autant d’éléments qui orientent nos interventions et nos recherches. Or, ces dispositifs ne sont pas figés : ils évoluent avec les transformations sociales, les nouvelles formes de criminalité et les avancées scientifiques.
La récente montée des enjeux liés à la cybercriminalité, aux violences systémiques ou encore aux questions de justice réparatrice témoigne de cette mutation perpétuelle du droit. Dans ce contexte, les criminologues doivent s’assurer de toujours actualiser leurs connaissances juridiques afin de proposer des analyses pertinentes et conformes aux exigences de justice.
L’éthique, un pilier de notre discipline
Si le droit encadre nos pratiques, l’éthique en constitue l’âme. Au-delà du respect des textes législatifs, il nous incombe d’adopter une posture professionnelle intègre, respectueuse des valeurs humaines et attentive aux défis posés par nos interventions. L’éthique en criminologie suppose une réflexion continue sur les limites de notre action, sur les risques de biais dans nos analyses et sur les conséquences de nos conclusions sur les populations concernées.
Un domaine où cette vigilance est particulièrement cruciale est celui de la collecte et de l’utilisation des données. En effet, les criminologues ont souvent accès à des informations sensibles ; la protection de la vie privée, la transparence dans l’utilisation des données et la nécessité d’un consentement éclairé constituent donc des principes éthiques que nous devons scrupuleusement respecter.
La déontologie, garante de la professionnalisation de la criminologie
Enfin, la déontologie constitue le cadre structurant de la professionnalisation de la criminologie. Longtemps considérée comme une discipline spécifique à la criminalité, elle a su progressivement asseoir sa légitimité et démontrer son utilité sociale dans tous les domaines d’aide. Toutefois, cette reconnaissance s’accompagne d’une responsabilité accrue : celle d’agir avec rigueur et respect des principes déontologiques qui encadrent notre profession.
C’est cette année que nous aurons finalement notre propre code de déontologie. Celui-ci est d’actualité et adapté à notre pratique. Avec l’adoption de ce code par le gouvernement, nous vous proposerons un guide d’application expliquant chaque article. Notre code permettra notamment à encadrer la relation avec nos clientèles, à prévenir les conflits d’intérêts et à assurer une pratique éthique et respectueuse des valeurs fondamentales de la justice.
Un engagement collectif pour une criminologie responsable
En définitive, l’articulation entre droit, éthique et déontologie constitue le socle d’une criminologie responsable et digne de confiance. Ce numéro spécial de notre revue a pour ambition de nourrir la réflexion sur ces thématiques essentielles dans notre pratique.
Je tiens à remercier chaleureusement tous les auteurs et collaborateurs qui ont contribué à cette édition, en apportant leur expertise et leur vision critique. J’invite chacun d’entre vous à s’approprier ces discussions, à poursuivre le dialogue et à faire de l’éthique et de la déontologie des piliers incontournables de notre discipline.
Bonne lecture à toutes et à tous !