Au cours des dernières années, un travail colossal a été accompli par l’Ordre professionnel des criminologues du Québec (ci-après OPCQ ou Ordre) pour que nous ayons un jour un code de déontologie à notre image. Ce jour approche ! Je veux vous partager ce que je sais de notre futur Code et du guide explicatif dont il sera assorti, deux documents de référence incontournables pour notre pratique. J’espère que ce partage vous donnera le goût de les lire !
Mise en contexte
L’OPCQ a été créé le 22 juillet 2015. Dès lors, il devait encadrer la pratique de ses membres, notamment par un code de déontologie1. Il était prévu que ce soit une version adaptée du « Code de déontologie des membres de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec » qui s’applique2, en attendant que l’Ordre ait la possibilité d’écrire son propre code.
C’est en 2021 que l’OPCQ a entrepris ce grand projet et c’est dans les prochains mois que le nouveau « Code de déontologie des criminologues » sera publié officiellement ainsi que le « Guide explicatif du Code de déontologie des criminologues ».
L’exercice de nos activités professionnelles, particulièrement celles réservées en partage aux criminologues, peut comporter des risques de préjudice pour les personnes clientes, bien souvent très vulnérables. C’est pour cette raison que notre Ordre a le mandat d’assurer la protection du public en encadrant et surveillant notre pratique3.
Notre Ordre Ainsi, être membre de l’Ordre garantit au public que nous avons les compétences minimales requises pour agir à titre de criminologue et qu’il y a des recours possibles en cas de faute de notre part. En tant que membre de l’OPCQ, nous sommes liés les uns aux autres par une identité professionnelle partagée. La façon dont chacun de nous se comporte influence la façon dont le public perçoit notre profession. Nous avons donc la responsabilité de nous comporter de façon à préserver la confiance du public envers les criminologues (art. 4 du futur Code de déontologie des criminologues).
Notre Code
Un code de déontologie est un règlement constitué de devoirs et d’obligations spécifiques à une profession ou une fonction. Il balise notamment les rapports des professionnels entre eux, avec les personnes clientes et avec le public. Il expose donc ce que la population est en droit d’attendre des professionnels concernés.
Notre futur Code est constitué de 88 articles répartis en six sections (et leurs sous-sections), dont la plus importante porte, sur nos devoirs et obligations envers les personnes clientes. Comme elles sont au centre de nos préoccupations, c’est près de la moitié des dispositions du Code qui visent précisément le respect de leurs droits. Il y est question, entre autres, des paramètres de la relation professionnelle, de la confidentialité et du secret professionnel.
Sachez qu’au sens du futur Code, la personne cliente est non seulement celle à qui nous rendons des services professionnels, mais également celle à qui nous nous engageons à rendre des services (art. 3, du futur Code de déontologie des criminologues), indépendamment du tribunal, de notre employeur ou de toute autre personne impliquée.
Bien que notre conduite envers les personnes clientes et le public soit balisée par un code, l’exercice de notre jugement professionnel demeure essentiel. Chaque situation étant unique, nous devons prendre un temps de réflexion pour en évaluer les enjeux et juger de la meilleure façon d’appliquer les règles dans les circonstances.
Cette réflexion est d’autant plus nécessaire considérant les spécificités de la pratique en criminologie : la relation d’aide contrainte, la vulnérabilité des clientèles ainsi que la protection des droits des personnes aussi bien que des collectivités.
Cette réflexion doit tenir compte des valeurs et principes éthiques inhérents à notre profession : la valorisation de l’autonomie de la personne, le respect de la vie privée, de même que la croyance en la capacité de changement de la personne et en son pouvoir d’agir sur sa situation (art. 1 du futur Code de déontologie des criminologues). En devenant membre de l’OPCQ, nous nous engageons à connaître et respecter notre Code et à répondre de nos actes. Un manquement à nos obligations peut faire l’objet d’une plainte au syndic4, voire de poursuites disciplinaires, et être sanctionné proportionnellement à la faute commise.
Notre guide
Le « guide explicatif du Code de déontologie des criminologues » a pour objectifs d’en faciliter la compréhension, l’adhésion et le respect. Chacun des articles du futur Code y est énoncé, suivi d’une note explicative lorsque pertinent. Celles-ci ont été rédigées par des criminologues pour expliciter le propos, l’illustrer d’exemples, attirer notre attention sur des éléments, faire des liens entre eux et/ou nous partager des références pertinentes. Certains articles se passent d’explication alors que d’autres, comme celui sur le consentement libre et éclairé (art. 23 du futur Code de déontologie des criminologues), sont largement documentés.
Le guide étaye le sens commun recherché pour chacun des articles du Code, tenant compte de la multiplicité des milieux et contextes de pratique des criminologues (incluant la pratique privée). En cohérence avec le gros bon sens ainsi que des pratiques cliniques reconnues et même des valeurs partagées, il nous convie à donner le meilleur de nous-mêmes. Aussi bien comme être humain qu’à titre de professionnel, chacun de nous laisse sa marque sur le monde. C’est dans la perspective d’en laisser une positive sur les personnes clientes, le public et la société que nous nous engageons à respecter notre Code. Le guide est un outil pour nous aider à trouver comment y donner vie.
J’espère que ces quelques lignes vous ont donné le goût de lire ces références incontournables pour notre profession quand elles seront disponibles.
1 Pour plus d’informations concernant le traitement d’une plainte par le syndic, voir Le Beccaria volume 9.
2 Code des professions, chapitre C-26.
3 Lettres patentes constituant l’Ordre professionnel des criminologues du Québec, section II, art. 12, publiées dans la Gazette officielle du Québec le 22 juillet 2025.
4 Site Internet de l’OPCQ.
Bientôt disponibles : deux documents de référence indispensables