Objectif de la formation : À la fin de cette formation, les participant·e·s seront en mesure de :
· Décrire les fondements théoriques, historiques et éthiques de la réduction des méfaits
· Situer l’usage de substances dans un spectre, en tenant compte des motifs, des profils d’usage et des conséquences
· Analyser les effets de la stigmatisation et des politiques de tolérance zéro sur les jeunes et sur l’efficacité des interventions
· Distinguer mythes, limites et enjeux réels associés à la réduction des méfaits
· Identifier les facteurs facilitants et les obstacles à l’adoption de cette approche dans les milieux d’intervention
· Appliquer les principes de la réduction des méfaits à des situations concrètes d’intervention
· Explorer des cadres complémentaires (drug positive education, MCBM) pour enrichir et nuancer les pratiques professionnelles
Description de la formation : Cette formation d’une journée propose une exploration approfondie, critique et appliquée de la réduction des méfaits, en mettant l’accent sur ses fondements théoriques, historiques et éthiques, ainsi que sur ses implications concrètes pour l’intervention auprès des jeunes. Elle s’adresse aux criminologues et aux intervenant·e·s sociaux appelés à travailler dans des contextes marqués par des politiques de tolérance zéro, des cadres normatifs contraignants et une forte stigmatisation de l’usage de substances.
La matinée sera consacrée aux concepts clés permettant de comprendre les usages de substances au-delà des lectures moralisantes ou strictement diagnostiques : représentations sociales, spectre de l’usage, motifs de consommation, trajectoires développementales, stigmatisation et enjeux de politiques publiques. Les principes, mythes, limites et tensions entourant la réduction des méfaits y seront discutés, à la lumière des données scientifiques et des débats contemporains.
L’après-midi sera orientée vers l’application concrète de ces cadres dans les pratiques professionnelles. À partir de mises en situation, d’études de cas et d’échanges, les participant·e·s seront invités à réfléchir aux leviers, obstacles et marges de manœuvre pour intervenir de façon plus cohérente, éthique et efficace. Des approches complémentaires telles que la drug positive education et le Mindful Consumption and Benefit Maximization (MCBM) seront également présentées pour enrichir les pratiques et soutenir des interventions moins stigmatisantes et plus adaptées aux réalités des jeunes.
Clientèle visée : Criminologues et intervenants psychosociaux
Approche pédagogique : Exposés magistraux, vidéos, mises en situation, échanges et exercices cliniques
Dates : 15 mai 2026
Heure : 9h à 16h
Durée : 7h (5h30 de formation effective)
Endroit : Teams
Synchrone
Formateur
Jean-Sébastien Fallu
Professeur agrégé, Université de Montréal
M. Fallu est actuellement professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal. Il a effectué un stage postdoctoral au Centre de toxicomanie et de santé mentale, affilié à l’Université de Toronto. Ses intérêts de recherche portent notamment sur l’étiologie, la prévention et la réduction des risques ainsi que sur les politiques et la stigmatisation en matière d’usage de substance. Il est chercheur régulier au Centre de recherche en santé publique, à l’Institut universitaire sur les dépendances, au groupe Recherche et intervention sur les substances psychoactives – Québec, au CRI-JaDE et au sein de l’équipe RENARD. Il œuvre aussi à titre de rédacteur en chef et directeur de la revue Drogues, santé et société. Jean-Sébastien Fallu est l’auteur de plus de 60 publications et 130 communications scientifiques et il a accordé plus de 1200 entrevues médiatiques. Il a également un savoir situé, ancré dans un vécu passé et actif de consommation de drogues. Fondateur de l’organisme GRIP, cette réalisation lui a valu d’être le lauréat du prix Forces Avenir 2002, dans la catégorie Société, communication et éducation.
